Quand je ne suis plus rien…

… Je deviens tout ce que je suis vraiment.

Quand doucement est venu le temps de remercier…
Quand doucement est venu le temps de reconnaître qui l’on est vraiment…

Quand doucement on reconnaît tout ce que la vie a donné et déjà tout ce qu’elle s’apprête à offrir…

Quitter la pénombre et la nuit, renaître à son intimité, de l’intimité,
au-delà de toute volonté, mourir à ce qui est, s’étonner des larmes et de la bonté, toujours là, empreintes, dessinées, quoiqu’on puisse en penser, quoiqu’on puisse en dire

S’abandonner et les laisser toutes deux s’écouler, s’enlacer, s’enrouler, les larmes et la bonté ensemble, le visage apaisé, recevoir la chaleur, les bienfaits, la bienveillance aimante du cœur

Doucement de la main, s’effacer, doucement s’oublier, comme pour dissoudre son passé, déposer son histoire au bord du fleuve de la vie, et la voir nous quitter, la laisser derrière nous et se laisser voguer tranquillement vers un immense océan blanc

S’amuser de vibrer de transparence, doucement se laisser flotter sans volonté sans destination, laisser l’œuvre de la vie œuvrer à travers nous, laisser son souffle souffler, s’affranchir de toute peur et accepter d’ouvrir son cœur toujours plus profondément à l’inattendu

S’abandonner sans effort, sans attente, à cette force inouïe et sublime, à l’inconnu de la vie ici maintenant dans la simplicité d’être

Commander à son être d’accueillir, d’agrandir son lit intérieur, laisser le corps s’abandonner sans résister, sans lutter
Qu’il libère le passage pour les torrents d’amour qui sont là et jaillissent déjà, qu’il nettoie les obscurs recoins, les tréfonds souterrains

S’abandonner à l’ombre dans chaque sombre parcelle de soi et devenir le témoin de cette lumière qui vient à nous et brille immuable dans l’infini du temps

S’unir à elle, en elle et découvrir émerveillé qu’elle est tout ce qui est

Et puis simplement obéir, sans fléchir, respecter l’ordre du geste, l’élan du verbe, une main ouverte ici, un large sourire et l’autre main plongée dans le bleu sacré du ciel, dans la marche du temps, mourir un pas à la fois

Il suffit d’écouter dans ses jambes, dans ses bras, dans son ventre, dans son corps puis de s’abandonner totalement à la subtilité de tous nos mouvements intérieurs

Oublier jusqu’aux envies de beauté à fleur de peau, à foison, par milliers, pour embrasser la lumière océan, incroyablement blanche et immense et devenir le souffle de l’eau et le murmure du vent

Et puis dans le silence de l’instant finir par rendre tour à tour, à chaque croisée de regard, la présence de soi, la présence éclaboussée de joie, de courage, l’éclat vif de ce que nous sommes vraiment, l’ivresse de la délicatesse et la légèreté folle de la danse des nuages au beau milieu des ciels

Il est de ces élans du cœur qui balayent les défenses, de ces lames de fond qui surgissent de nos âmes en splendeurs abyssales

Jamais nous n’aurions osé les soupçonner, elles surprennent, elles obligent, elles font naître dans le corps et la vie et la mort pour nous permettre d’accueillir à chaque seconde l’inattendu que la création a prévu pour nous au-delà de tout ce qui est possible

Et si elles échouent sur la plage en un silence intime et profond, elles ont alors le pouvoir de laisser venir la pluie, la pluie qui lave et purifie et l’on rit juste parce qu’il est bon de rire, et tout se mêle en une seule présence, rire et larme l’un par dessus l’autre, c’est la vie qui est en nous, la magie de la vie qui agit, comme on en est heureux, heureux d’être soi, heureux, même si le chemin n’est pas toujours celui auquel on a voulu donner sa voix, et on le découvre avec candeur, avec l’infinie insouciance d’un enfant, au creux de nos mystères, de nos beautés singulières, en osant à chaque pas faire le pari d’aimer peut-être un peu mieux, peut-être davantage, sans jamais toutefois non plus que ce soit à propos d’en être absolument certain

Aimer un peu comme on respire, avec la conscience de soi et la conscience de l’autre unie dans le silence du grand tout, dans la danse du souffle, de l’eau et le murmure du vent

De l’intérieur naît alors l’évidence que nous ne sommes plus rien tout en étant enfin devenus ce que nous sommes vraiment.

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